grue en origami hommage pour World Origami Day

De la feuille au corps : l’harmonie de l’Origami et du Shiatsu

11 novembre, World Origami day – l’histoire

Aujourd’hui, 11 novembre, c’est le World Origami Day, la Journée mondiale de l’Origami, célébrée par des millions de passionnés à travers le monde. Au Japon, cette journée a été déclarée journée commémorative en 1980 par la Nippon Origami Association (NOA).

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’histoire de Sadako Sasaki, une jeune fille décédée dans les années 1950 des suites des radiations de Hiroshima. Elle avait fait le vœu de plier milles grues en origami dans l’espoir de retrouver la santé. Malheureusement, elle n’a jamais pu achever son souhait.

Mais son histoire a donné naissance à un mouvement pour la paix, faisant de l’origami un symbole universel de solidarité et de coopération. Le 11 novembre étant également la Journée mondiale de la Paix, commémorant la fin de la Première Guerre Mondiale en 1918, la NOA a choisi cette date pour célébrer l’Origami. Les chiffres de la date – 1.1.1.1 – évoquent aussi les quatre côtés identiques du carré de papier, cœur de cet art délicat.

L’origami a grandi et s’est transformé au fil du temps : pratique religieuse dans l’Antiquité, divertissement de la noblesse au Moyen Âge, puis passe-temps pour les enfants… Aujourd’hui, il est bien plus que cela.

Plier le papier est devenu un art de la transformation, un chemin de calme et de méditation.

L’art du pli et du toucher

Il y a plusieurs années, quand Internet n’était pas encore accessible à tout moment, je m’amusais à plier de simples figures en papier. Aujourd’hui, avec un peu de nostalgie, j’ai repris le geste : quelques plis, des petites grues… et sans m’en rendre compte, j’ai trouvé un parallèle entre l’art de l’Origami et l’art du Shiatsu.

Bien sûr, l’un s’applique au papier et l’autre au corps vivant, mais tous deux reposent sur le même principe : transformer sans forcer.

Dans l’Origami comme dans le Shiatsu, le geste devient un langage commun.

Le geste juste

Quand on plie un origami, le geste doit être précis, sans hésitation, mais toujours respectueux de la fragilité du papier. Trop de force, et la feuille se déchire : trop peu, et la forme ne prend pas.

Dans le Shiatsu c’est la même justesse que l’on recherche : un contact présent, attentif, qui respecte la singularité et la sensibilité de la personne reçue.

Le geste ne s’improvise pas, il est le fruit de longues heures d’étude et de répétitions infinies. Un jour, la technique s’efface doucement, le geste devient fluide, la respiration s’accorde au mouvement… Qu’il s’agisse de plier une feuille de papier ou de rencontrer le corps d’un jusha (receveur), ce n’est plus un faire, mais un être avec.

L’art de la transformation

Le pli d’un origami transforme la surface – et le regard. Un carré de papier devient oiseau, fleur ou abstraction. Nos yeux se nourrissent de la beauté de ces formes éphèmères.

Ainsi l’origami nous einsegne l’impermanence : fait de papier, il est fragile, voué à se froisser, à disparaître un jour. Comme lui, nous sommes appelés à nous transformer, à quitter une forme pour en prendre une autre. C’est cette fragilité même qui rend chaque création, chaque personne, chaque instant, infiniment précieux.

Avec le Shiatsu, un corps tendu peut retrouver sa souplesse, la respiration peut devenir plus profonde et libre… et cela se voit tout de suite ! Tant de fois, à la fin d’une séance, j’ai vu le visage de mes clients s’éclairer d’un sourire, alors qu’une heure plus tôt il portait encore la trace de la souffrance.

Les lignes invisibles de l’Origami me rappellent les méridiens d’énergie qui parcourent le corps humain. Dans les deux cas, les doigts suivent un chemin. Sur le papier, le mouvement donne forme et cohérence ; sur le corps, il harmonise ce qui nécessite de retrouver un équilibre.

Et dans les deux cas, on donne vie à quelque chose de nouveau !

Une méditation en mouvement

Origami et Shiatsu m’invitent à la même expérience : écouter, sentir, transformer avec respect. Un pli après l’autre, une pression après l’autre, la répétition des gestes mène à un état presque méditatif.

Quand la pensée s’efface, le temps semble suspendu, ainsi je peux mettre dans chaque geste tout mon cœur. Tout le reste disparaît : il n’y a plus que moi et le papier, moi et le jusha.

Si vous n’avez jamais essayé de plier un origami, ou si vous n’avez pas encore exérimenté un soin Shiatsu, je vous invite à le faire.

Dans un monde où tout s’accélère, ces pratiques nous rappellent que la beauté naît du silence, du geste simple et conscient : celui qui relie.

Francesca Biagini, Spécialiste en Shiatsu


  • Et pour l’histoire de Sadako Sasaki, vous trouvez quelques informations sur la page Wikipedia dediée.


Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Francesca Biagini Shiatsu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture